LGBT, Dreamers, avortement : la Cour suprême américaine est-elle devenue progressiste ?

Pourtant à majorité conservatrice, la Cour suprême américaine a rendu, ces deux dernières semaines, trois décisions défavorables à Donald Trump concernant les droits des LGBT, l’immigration et l’avortement. Explications.

Et de trois. En invalidant, lundi 29 juin, une loi de Louisiane très restrictive sur l’avortement, la Cour suprême américaine a infligé un troisième revers à Donald Trump et aux conservateurs en à peine deux semaines. Une série de décisions favorables aux progressistes pour le moins surprenante alors qu’une majorité de juges conservateurs compose cette plus haute juridiction des États-Unis.

Le 15 juin, déjà, la Cour suprême accordait aux salariés LGBT le bénéfice des mécanismes de lutte contre les discriminations au travail, interdisant à tout employeur de licencier une personne en raison de son orientation sexuelle.

Trois jours plus tard, le 18 juin, elle validait les protections accordées par Barack Obama aux 700 000 « Dreamers », ces jeunes migrants arrivés aux États-Unis dans la clandestinité lorsqu’ils étaient enfants, jugeant « arbitraire » et « capricieuse » la décision de Donald Trump de supprimer les dispositions du programme baptisé Daca (pour Deferred Action for Childhood Arrivals, ou Action différée pour les arrivées d’enfance).

Enfin, lundi, les juges ont invalidé une loi de Louisiane obligeant les médecins pratiquant des avortements à obtenir une autorisation d’exercer dans un hôpital situé à moins de 50 km du lieu de l’intervention.

Trois décisions qui ont été accueillies comme des victoires majeures pour les progressistes et comme un véritable camouflet pour Donald Trump, qui a vivement réagi sur les réseaux sociaux. La haute juridiction « crache à la figure des gens fiers de se considérer comme républicains ou conservateurs », a réagi le président des États-Unis après la décision sur les Dreamers, dénonçant dans un tweet au vitriol des décisions « horribles » et « politiques ». Et d’ajouter : « Avez-vous l’impression que la Cour suprême ne m’aime pas ? »

Ne pas faire apparaître la Cour suprême comme partisane

Neuf juges composent la Cour suprême. Quatre sont considérés comme progressistes : Stephen Breyer, Ruth Bader Ginsberg, Elena Kagan et Sonia Sotomayor. Cinq sont étiquetés conservateurs : le chef de la Cour suprême John Roberts, ainsi que Clarence Thomas, Samuel Alito, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh — ces deux derniers ayant été nommés par Donald Trump.

D’où le sentiment de trahison ressenti par le président américain, en particulier vis-à-vis de Neil Gorsuch, qui a apporté sa voix dans la décision sur les droits des salariés LGBT, rédigeant au passage l’arrêt de la Cour.

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