Le pouvoir file du mauvais coton

Jovenel Moïse s’essoufle, l’étiquette de menteur lui va bien, ce Monsieur demeure le champion de toutes catégories de cette discipline. Il y a quelques jours et à coup de balles plusieurs policiers Haitiens se sont  descedus dans les rues pour protester contre les mensonges de ce pouvoir, ce qui, en ces temps d’escalade du conflit, aurait dû très naturellement pousser le régime et ses alliés à cesser ces mensonges. Mais Jovenel Moïse n’en a pas voulu comme pour faire de ses policiers une proie et de leur mort, un justificatif pour amplifier dans la foulée, la représsion et suivant la logique de confrontation que lui dictent les oligarques, s’en prendre non seulement à l’opposition, mais aussi aux forces vives de la Nation. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison, dans les heures qui ont suivi l’affrontement entre les policiers et les forces armées, que les supplétifs du pouvoir parlent de coup d’état et lancait des mandats contre plusieurs opposants.

La folle politique de Jovenel Moïse prend un tournant très dangereux puisqu’elle contraint désormais ses supplétifs à agir contre la volonté de la majorité qui exige un départ sans condition de ce dernier au pouvoir. Il est facile d’imaginer les nuits d’insomnie en série de Jovenel, alors qu’il essaie de découvrir où sont ses vrais amis. Pour compliquer les choses, Jean Roudy Aly, le ministre illégal, de facto de la justice a caressé d’innombrables dos à rebrousse-poil en parlant d’un coup d’état contre Jovenel, après l’aventure ratée de Carnaval.

Le peuple n’est pas dupe de la folie de Jovenel. Comme si tout cela n’était pas assez chaotique, les relations entre le régime et l’opposition restent glaciales. Le Secteur démocratique et populaire, regroupement politique de l’opposition au pouvoir en place a dit supporter les revendications des policiers qui se battent pour la mise en place d’un syndicat au sein de la PNH tout en rejetant les dérives constatées au cours de leur mouvement notamment : les attaques contre le cabinet Madistin et la Radio-Télévision Caraïbes.

Encore une fois, le secteur Démocratique et populaire a retiré que la solution à la crise politique actuelle « passe d’abord et avant tout par la démission de Jovenel Moïse, la réalisation du procès PETROCARIBE et l’organisation de la conférence nationale Haïtienne Souveraine. » « Pour la période du carnaval, nous avons observé une pause dans les négociations politiques. Nous espérons reprendre les pourparlers d’ici la semaine prochaine », a confié jeudi au Nouvelliste un protagoniste aux négociations politiques. « On était arrivés à une phase avancée sur un calendrier réaliste pour des activités comme la formation d’un gouvernement, les réformes constitutionnelles, l’organisation des élections, entre autres », a confié notre contact. Même si les négociations sont suspendues, le chef de l’État avance dans ses consultations pour la formation d’un nouveau gouvernement, a confié au journal une source au Palais national. « Le président travaille à la formation d’un nouveau gouvernement.

Les pourparlers ne dureront pas éternellement. Si l’autre partie n’avance pas, on finira par trouver un accord minimal avec ceux qui le veulent pour former un gouvernement. Je ne peux pas vous donner de date pour le moment, mais nous avançons vers la formation d’un nouveau gouvernement », a indiqué notre contact proche du président de la République. Au Palais national le samedi 22 février, en présence du haut état-major de la PNH, Jovenel Moïse, le Premier ministre et des membres du gouvernement avaient promis monts et merveilles aux policiers. Logements sociaux, accès gratuit aux soins de santé, assurance-vie, cent pour cent d’augmentation du montant disponible sur les cartes de débit, programme de prêts à l’ONA… Le président de la République ne semble pas lésiner sur les promesses. Il n’a rien d’intéressant, ou qui pourrait calmer les protestaires (policiers, medecins, la masse defavorisée, ect…),  à dire, il préfère se faire mousser sur l’émotion et jouer sur son action avec l’aide bien sûr de certains medias, Ce, afin de récupérer des soutiens, notamment parmis les plus faibles.

C’est clair que ça révèle que ce Jovenel Moïse n’est que du vent. Mais un vent puant qui est la vitrine de l’Etat et du capitalisme, sa vitrine légale visant à maintenir l’ordre social par l’illusion d’une démocratie. Avec la vacuité de Jovenel et sa brutalité répressive, la vitrine est à présent brisée, le courant d’air circule, tout le monde voit qu’il n’y a jamais eu de démocratie et que la brutalité étatique et capitaliste gouvernent par la force, à nous de nous engouffrer à l’intérieur pour tout brûler et faire s’écrouler l’édifice pour de bon. Et en même temps tout reconstruire vers des sociétés soutenables.

 

Emmanuel Saintus

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