Faute de visiteurs, le musée Rodin contraint de vendre des bronzes

Des exemplaires originaux vont être proposés à des galeries d’art pour permettre au musée de surmonter la crise, explique sa directrice dans « Les Échos ».

Victime de son statut unique en pleine crise du coronavirus, le musée Rodin devra miser sur sa collection exceptionnelle pour subsister. Privé de ses visiteurs, ce prestigieux musée, situé rue de Varennes à Paris, rouvrira les portes de son hôtel particulier et de ses fabuleux jardins dès ce mardi 7 juillet à 10 heures du matin. Les visiteurs pourront y voir une partie de l’œuvre d’Auguste Rodin, des sculptures emblématiques et de nombreuses études précieuses pour qui voudrait comprendre en profondeur la puissance créatrice de l’artiste.

Chaque année, plus d’un demi-million de visiteurs arpentent les couloirs du musée parisien, qui possède également une antenne à Meudon. Mais celui-ci ne reçoit aucune subvention et doit donc compter sur sa billetterie, la vente de reproduction de bronzes et l’accueil d’événements pour s’autofinancer. Les entrées génèrent près de 3,5 millions d’euros par an, la vente 1,5 million et la privatisation 1 million.

« Une perte de 3 millions d’euros »

Pendant le confinement et les longs mois de fermeture qu’il implique, les revenus de la billetterie se sont logiquement effondrés. Comme le révèle le journal Les Échos, le musée compte désormais accélérer les ventes pour s’y retrouver et se sauver. « Avant la crise sanitaire, tous nos voyants étaient au vert. Nous espérions dégager un bénéfice de 1,4 million cette année, ce sera une perte de 3 millions », déplore Catherine Chevillot, directrice du musée.

Ouvert deux ans après la mort d’Auguste Rodin, le musée qui porte son nom est également le gestionnaire de son œuvre, notamment en ce qui concerne les éditions originales. Pour atténuer les pertes vertigineuses de la billetterie, le musée compte donc mettre en vente des œuvres originales. Mais aucune pièce unique ne quittera sa collection. Chaque sculpture compte légalement jusqu’à douze exemplaires considérés comme originaux. C’est sur ces différents exemplaires, dont la vente est rare et globalement réservée aux institutions, que le musée Rodin souhaite s’orienter pour renflouer efficacement les caisses.

« Nous avons aussi passé des accords avec des galeries d’art contemporain en France, en région pour commencer, explique Catherine Chevillot. On essaiera à Londres l’an prochain, et nous avons une pièce chez Gagosian à New York, pour toucher une nouvelle clientèle ». L’offre va ainsi être augmentée de 40 œuvres proposées en temps normal à 130. Le musée compte également faire appel au mécénat tandis que sa demande de subvention était sur la table du ministre de la Culture, remplacé ce lundi par Roselyne Bachelot.

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